Economie

Zéro Transaction : trois jours sans dépenser, les commerces demandent la prolongation

3 novembre 2026 à 16h01 · Rédaction Farce Antilles

Le collectif à l’origine de l’opération Zéro Transaction appelait à trois jours sans le moindre achat, du 3 au 5 novembre, pour protester contre la vie chère. Dès la première matinée, les caisses enregistreuses ont affiché une activité que la profession qualifie de « repos bien mérité ». Certains commerçants envisagent désormais de reconduire le mouvement jusqu’aux fêtes.

Un rayon de supermarché vide en Guadeloupe, avec des caddies alignés dans une allée déserte

L’appel était simple : ne rien acheter pendant trois jours, pour mesurer le poids des dépenses contraintes. À 8 heures, les parkings des grandes surfaces présentaient l’aspect d’un dimanche matin prolongé. Les agents municipaux, surpris, ont constaté que les seuls véhicules en mouvement étaient ceux des livreurs venus déposer des marchandises que personne ne viendrait chercher. La préfecture salue « une mobilisation calme, ordonnée et parfaitement approvisionnée ».

Les commerçants se sont adaptés avec une ingéniosité toute locale. Une enseigne a lancé le « caddie vide à moins 70 pour cent », immédiatement victime de son succès : les rayons se vidaient d’eux-mêmes, ce qui a obligé le magasin à réimprimer ses étiquettes en urgence. Un gérant proposait quant à lui un paiement différé à l’infini, avec un premier versement prévu après la prochaine saison cyclonique.

Les banques ont signalé une anomalie : les soldes des comptes n’ont pas bougé d’un centime pendant vingt-quatre heures. Un économiste consulté y voit « une forme nouvelle d’épargne, où l’argent reste chez soi sans jamais devenir un placement ». Il recommande de classer le phénomène, à titre conservatoire, dans les actifs immatériels, en attendant que quelqu’un trouve comment le taxer.

Effet secondaire inattendu, la circulation est devenue fluide, les embouteillages ont disparu et l’air s’est sensiblement amélioré sur la zone de Jarry. Un organisme environnemental propose de classer « l’abstention commerciale » au patrimoine immatériel de l’humanité, tout en précisant que le dossier devra être déposé par voie postale, faute de budget pour le faire en ligne.

Au bout de quarante-huit heures, plusieurs habitants réclamaient un quatrième jour, non par conviction mais pour finir les restes du congélateur. Les commerçants, réunis en assemblée extraordinaire, ont voté une motion demandant la prolongation de l’opération jusqu’à Noël, à la seule condition que personne ne pousse la porte. Bilan officiel de la journée : une seule dépense engagée, celle du timbre du communiqué de presse.

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