Economie

Route du Rhum : les 32 millions de retombées arriveront par bateau, avec trois jours de retard

30 octobre 2026 à 09h45 · Rédaction Farce Antilles

Les retombées économiques de la Route du Rhum, annoncées entre 30 et 35 millions d’euros, ont enfin un itinéraire : elles voyageront par la mer, dans une caisse scellée, et débarqueront avec le gros de la flotte. Les commerçants sont invités à se munir d’un justificatif de terrasse.

Caisse métallique scellée posée sur un quai de port, entourée de cordages et de grues

C’était le chiffre qui devait faire taire les sceptiques : entre 30 et 35 millions d’euros de retombées pour l’archipel. Réuni en conférence de presse dans un hôtel dont la piscine sert de décor aux annonces depuis 2014, le comité d’organisation a précisé la mécanique : la somme sera transportée par la mer, dans une caisse en aluminium arrimée à un voilier de série, afin de « rester au contact du public le plus longtemps possible ».

Le protocole de déchargement a été publié en trois pages. Chaque professionnel devra se présenter au quai avec un justificatif de terrasse, une photo de sa carte du jour et une attestation de bonne humeur, la répartition étant calculée au prorata des cartes postales vendues entre la première et la deuxième édition de la course. Les retardataires seront servis « dans la mesure des coefficients de marée », précision qui a provoqué un silence de quarante secondes dans la salle.

Interrogé sur le calendrier, le comité a reconnu un « aléa de trois jours », sans rapport selon lui avec une avarie, une escale technique ou une envie de sieste des équipages. En cas de houle défavorable, la caisse sera déposée en Martinique et rejoindra la Guadeloupe par ferry, avec supplément passager et obligation de réserver un siège pour la somme elle-même, laquelle voyagera, paraît-il, en cabine climatisée.

Les organisations professionnelles demandent des garanties. La chambre consulaire propose un « placement en attente » dans une tirelire scellée, exposée dans son hall, avec deux agents assermentés chargés de compter les pièces à voix haute. Un restaurateur du front de mer a proposé de son côté d’installer la caisse sur sa terrasse, « le temps que les clients comprennent qu’ils ont déjà payé ».

Dernière précision, et non des moindres : le bilan officiel sera désormais exprimé en milles nautiques. Une partie de la somme se trouvant encore en mer au moment de la clôture des comptes, elle ne pourra pas être considérée comme disponible, donc pas imposable, donc pas versée. Le comité remercie la météo, les bénévoles et les contribuables, « dont la patience constitue notre principale ressource renouvelable ».

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