Economie

Carburant : les pompes sont à sec, mais la pénurie n’a toujours pas été livrée

4 novembre 2026 à 07h01 · Rédaction Farce Antilles

Plusieurs stations de l’archipel affichent des pompes vides depuis le début de la semaine, sans qu’aucune rupture d’approvisionnement ne soit officiellement constatée. Les automobilistes font la queue devant des cônes orange, tandis que les services de l’État invitent à ne pas confondre un réservoir vide avec une pénurie. La nuance doit être expliquée en réunion.

Des pompes à carburant éteintes et des cônes orange dans une station-service des Antilles

Il est 6 h 40 et la file s’étire déjà sur le trottoir. Un employé en gilet fluo a disposé trois cônes devant les pompes et fixé une feuille plastifiée : « fermeture provisoire pour raison d’abondance ». Les automobilistes lisent, hochent la tête, puis restent garés, au cas où l’abondance reviendrait avant midi. Un motocycliste propose de pousser sa moto jusqu’à la caisse pour gagner du temps, ce que personne ne lui conteste.

Interrogés, les services de l’État opposent un démenti ferme : il n’y a pas de pénurie, seulement « un décalage temporaire entre l’offre et la demande », ce qui, précise le communiqué, « constitue le principe même du commerce depuis l’Antiquité ». Les usagers sont donc invités à faire leur plein avant d’en avoir besoin, méthode déjà éprouvée pour les parapluies et les billets d’avion.

Un dispositif d’accompagnement a été mis en place. Il repose sur une attestation de besoin à remplir en trois exemplaires, dont un seul est conservé, les deux autres servant à prouver que le premier a bien été rempli. Un comité de suivi de la jauge se réunira chaque semaine ; ses membres se rendront à la réunion en véhicule individuel, faute de transport en commun desservant le lieu de réunion.

Du côté des gérants, on relativise avec une franchise désarmante. Les cuves ne sont pas vides, elles sont « en cours de remplissage depuis le printemps », ce qui suppose un débit particulièrement lent. Une station a lancé l’offre « plein de vide à moitié prix » : le stock a été épuisé en une matinée, ce qui a contraint la direction à commander du vide supplémentaire.

En fin de journée, la préfecture a annoncé la création d’une « abondance différée », catégorie administrative inédite qui permet d’attendre sans reconnaître la panne. Les véhicules prioritaires seront ravitaillés en premier, dès que la liste des prioritaires aura été arrêtée, c’est-à-dire après la prochaine réunion. En attendant, les automobilistes sont priés de vérifier leur jauge à pied.

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