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Vie chère : un collectif propose de payer en bananes, indexées sur le cours du rhum

Le collectif « Viv an nou, mais pas trop cher » a présenté ce week-end sa solution contre la vie chère : une monnaie locale adossée à la banane, dont le taux de change serait revu chaque matin en fonction du cours du rhum agricole.

Étal de marché antillais couvert de régimes de bananes jaunes et de bouteilles de rhum

Le principe est simple : une banane vaut un euro tant que le rhum reste stable. Dès que le baril de rhum prend dix centimes, la banane en prend cinq, « pour ne pas déséquilibrer le panier du consommateur », explique le trésorier du collectif, qui tient ses comptes sur un cahier de recettes à spirale.

Trois commerçants ont déjà accepté le dispositif. Un boulanger de Sainte-Anne rend la monnaie en tourments d’amour, ce qui pose des problèmes de liquidité en fin de journée. Un vendeur de bokits a demandé une dérogation pour les bananes trop mûres, « qui ne valent plus rien après 17 heures ».

Les grandes surfaces, elles, observent une certaine réserve. Une enseigne a fait savoir qu’elle ne pouvait pas « gérer un stock de bananes qui fond ». Une autre a proposé de son côté un système concurrent, basé sur le fruit à pain, jugé « plus solide sur la durée, mais difficile à couper ».

Bercy n’a pas encore réagi. Bercy, en l’occurrence, c’est le bureau de poste de Basse-Terre, où le collectif a pris l’habitude de se réunir le samedi, faute de local. Les autorités monétaires ont été contactées par courrier recommandé, sans réponse à ce jour.

En attendant la reconnaissance officielle, le collectif recommande de « garder une banane sur soi en cas d’urgence » et de ne pas la stocker près d’une source de chaleur, notamment dans une voiture garée au soleil, ce qui provoquerait une dévaluation immédiate.

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